On nous le dit partout : « le monde va mal ».
Depuis que l’« information » existe, « le monde va mal ». Quand on
parle de l’histoire du monde, on raconte ce qui allait mal. L’homme
est, depuis les débuts de l’humanité, obsédé par la notion de dégradation
de l’état de son monde. Jadis, notre « monde » était limité à son
village et aux villages voisins ; aujourd’hui, notre monde est un pays,
un groupe de pays, ou la planète entière.
Tout cela n’est qu’illusion.
Le monde tourne et ne cessera de tourner et cela en dépit des légendes éternelles d’aggravation permanente de la situation.
L’homme a peur de la mort ; comme il n’est pas pieu, il
projette ses peurs sur le monde. Comme l’homme vieillit, l’homme voit
le monde se dégrader tel que lui se dégrade intérieurement. Il n’a pas
assez de foi en Dieu pour comprendre qu’il ne maîtrise rien, comme
Jésus le faisait remarquer à Pierre dans l’évangile de Matthieu.
A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer.
Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent : C’est un fantôme ! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris.
Jésus leur dit aussitôt : Rassurez-vous, c’est moi ; n’ayez pas peur !
Pierre lui répondit : Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux.
Et il dit : Viens ! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus.
Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il s’écria : Seigneur, sauve-moi !
Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? [1]
Il n’y a pas d’aggravation manifeste de l’état du
monde. Il n’y a pas de destin construit par l’homme pour notre planète,
que ce destin soit positif ou qu’il soit négatif. Ces croyances sont
des superstitions.
Le destin du monde et des hommes est contrôlé par Dieu.
Au niveau de l’homme, l’impression de maîtriser en bien ou en mal le
destin de la planète est une illusion et une projection de ses propres
peurs.
Il y a des problèmes aujourd’hui dans le monde mais
comme il y en eut toujours. Il faut leur faire face sans affect, en
tentant de les résoudre au mieux de nos capacités. Mais, embrasser la
religion défaitiste ou négative est toujours commettre un péché contre
Dieu.
La science actuelle, nouvelle religion gnostique,
instrumentalise ces peurs humaines ancestrales qui, auparavant, étaient
instrumentalisées d’une autre manière. Mais, si nous nous connaissons
par et dans Dieu, l’« aggravation de la situation mondiale » se révèle
comme ce qu’elle est : une illusion.
[1] Matthieu 14:25-31, traduction de Louis Segond.