Le moi est un puzzle. Le but de tout un chacun devrait être de jouer à reconstituer ce puzzle. Mais ce puzzle est difficile et effrayant. Alors, on se contente souvent de faire quelques parties de ce puzzle et de s’accommoder de friches dans d’autres endroits, de plages parsemées de trous. Parfois, l’énervement, ou la volonté de ressembler à un modèle qui n’est pas nous, nous pousse à vouloir faire rentrer en force des pièces là où elles ne vont pas. Le moi souffre alors de cette erreur. Plus on appuie sur la pièce, plus la douleur est vive. L’état du puzzle est révélateur de la personne. Certaines personnes se limitent à un petit morceau de puzzle bien connu, achevé, et tentent de ne pas voir les parties du puzzle qui les dérangent, les parties inachevées, les parties sortant de la perfection du morceau de puzzle dans leur champ de vision. D’autres, souvent animés d’orgueil, s’attaquent à la fois à de grands morceaux de puzzle éloignés de leur centre de gravité ; poussés par un désir de connaître ou de contraindre, ils laissent des espaces vides partout, même dans les zones les plus fréquentées de leur moi. Chaque personne a sa propre approche du moi. Le mystique cherche souvent longtemps les clefs de ce
jeu éternel. Si Allah le choisit pour lui révéler la science, il pourra
alors compléter son puzzle : |