Il est souvent admis que les humains « devraient » avoir la même perception de la réalité. Mais, étant donné que chaque créature est unique et que son ressenti est unique, comment croire a priori à l’unicité de la perception de la réalité ? Car, les premiers à dire que la réalité doit être perçue d’une certaine manière, que la réalité doit être vue d’une certaine façon, sont des créatures qui voudraient que l’on partage leur vision de la réalité. Or, leur vision de la réalité est fondée sur leur nature, leurs expériences et leurs choix. Si, donc, notre nature, nos expériences et nos choix sont différents, qu’en est-il de notre vision des choses ? Doit-on oublier cette vision, doit-on la refouler sous prétexte que d’autres en ont une différente ? Quand un argument d’autorité ou un argument sentimental vient polluer cette vision de la réalité, quand un prétexte externe vient renforcer cette vision au goût d’obligation, la réalité devient prétexte pour la coercition, dans le monde affectif, social, professionnel ou religieux. Puis, un jour, on ouvre les yeux et l’on choisit. La différence est le propre de l’homme. Chaque être humain a son propre chemin à poursuivre, sa propre voie sur les traces des Prophètes, des Saints, ou dans la recherche du contentement de son ego insatiable. Ainsi, chaque créature est devant la responsabilité de ses propres choix, elle doit assumer ses propres fardeaux, hérités de son passé, elle doit vivre en paix avec sa conscience ; elle doit penser aux comptes qui seront faits un jour. Nier la différence revient toujours à prôner une réalité unique, une façon de faire et de voir « normale », « obligatoire », « naturelle », etc. Nier la différence est un moyen de pousser les autres dans les choix que nous avons faits et qui, s’ils ont un sens pour nous-mêmes, peuvent n’en avoir pas pour les autres. Au pire, ces choix peuvent ne point nous contenter. L’homme est sur le chemin de la découverte de lui-même, et sur le chemin de la découverte de Dieu ; qu’il le réalise ou non ; qu’il soit endormi ou éveillé. Qu’importe que mon voisin ait choisi un autre chemin ; qu’importe que mon père ait choisi un autre chemin ; qu’importe que mon frère ait choisi un autre chemin. Si je respecte leurs choix, je puis ne point faire les mêmes ; je puis les respecter en tant de personnes, créées par Dieu, mais désapprouver leurs actes ; je puis même leur dire « Paix » en sachant que nos routes divergent de manière importante. Ami, si tu es mon ami, tu dois accepter ce que je suis. Pour ma part, je t’accepte tel que tu es, que tu m’acceptes tel que je suis, ou que tu me ranges dans le clan des inconscients, des imbéciles, des incompris, des insoumis, des revendicatifs, des immatures ou des fous. Car ce qui t’est insupportable peut m’être supportable tout comme ce qui t’est supportable peut m’être insupportable. Ce que tu aimes, je puis ne point l’aimer tout comme tu peux ne point aimer ce que j’aime. Qui sait de nous deux lequel est le plus sage ? Nos épreuves, aussi, sont différentes mais adaptées à chacun d’entre nous, car Dieu les fait à notre taille, pour nous guider. Tu as vécu les tiennes, j’ai vécu les miennes et je n’ai pas besoin de comparer avec toi. Vivre entre Ses mains m’a plus appris en un an que je n’ai appris en des décades. Ami, sache que notre nature est différente et nos chemins sont différents. La vérité des hommes est relative ; seule Sa vérité est Objective. Puisses-tu trouver ton chemin, comme j’ai trouvé le mien. Qu’Il soit Glorifié ! |