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L'influence

Ami, certaines personnes autour de toi auront une influence qui te mettra mal à l’aise.
Il n’est pas certain que tu parviennes facilement à déterminer la cause de ce malaise, il se peut même que la recherche de la cause te prenne une vie.
Certaines personnes ne se rendent pas même compte que leur voisinage est la source du malaise ; elles ne savent pas distinguer si le malaise vient du dedans ou s’il vient du dehors. Certaines natures en viennent à s’accuser systématiquement d’être la cause de leur malaise, quel qu’il soit, ou au contraire à accuser systématiquement un autre d’être la cause de leur malaise.
Or, il ne faut pas trancher trop vite, il faut prendre le temps d’être. Souvent, nous et l’autre sommes responsables de manière conjointe du malaise ressenti, sans que l’on ait besoin de s’accuser pour autant.
Souvent, le malaise est le jeu de la différence. Ainsi, il nous parle et nous enseigne.

Dans le chemin vers toi, dans le chemin vers Dieu, tu apprendras à écouter des signaux et à distinguer dans quel sens ils se dirigent, de toi vers le monde ou du monde vers toi. Prends bien garde à n’accorder qu’une importance relative au sens de ces flux, sens qui, selon le moment, pourrait bien changer ou même perdre totalement sa signification. Le sens des choses est un bon point de départ de l’analyse, mais un point insuffisant si on le restreint dans une seule direction.

Tu chercheras d’abord le malaise en toi ou dans un autre, ce qui finalement est très proche, car le malaise réside toujours dans le face à face de soi avec un autre.
Parfois, un discours passionné te semblera bien argumenté, bien construit, mais tu y sentiras des arrières pensées, des vibrations qui ne te sont pas bénéfiques, une agressivité dont tu ne maîtrises pas tous les enjeux. Parfois, tout sera parfait en apparence, luisant comme une plaque de marbre blanc, excepté le ressenti que tu auras. Or le ressenti est toujours la vérité.

Tu seras tenté, parfois, de t’emballer, de te passionner, de clamer haut et fort que tu es convaincu, voire de faire des prosélytes. Il faudra faire attention à cette fougue qui est mauvaise conseillère si elle t’est donnée par osmose, si tu l’as prise de quelqu’un et que tu as tenté de la faire tienne, malgré le malaise. Il se peut qu’elle te mène sur des chemins où ton malaise croîtra, comme une mauvaise herbe, consumant petit à petit ton cœur et le rendant progressivement insensible. Tu peux même aller jusqu’à ne plus ressentir ce malaise salvateur, ce malaise conservateur.

Oui, ami, le malaise conserve, le malaise intérieur est un avertissement, un avertissement que les leurres de ce monde ne te satisfont pas aujourd’hui, et qu’ils ne te satisferont pas mieux demain. Lorsque tu auras écarté de toi les raisons de ce malaise, lorsque du message extérieur, tu auras pris la partie que tu reconnaissais comme tienne et laissé celle qui n’était pas toi, alors tu seras grandi, léger, fondé en toi, sûr. Alors, le respect de toi t’engagera sur la voie de l’humilité, cette humilité qui est comme un millier de feuilles posées en pile, cette humilité que l’on croît avoir découverte et qui nous échappe, qui nous apparaît dans une vérité toujours renouvelée, toujours plus essentielle, à mesure que les voiles se lèvent.

Si tu voulais poursuivre des buts contraires à ton ressenti, si tu voulais par la raison effacer de ton esprit ton malaise, alors tu suivrais n’importe quel idole, n’importe quel beau parleur, n’importe quel statue concrète ou abstraite, pour te rassurer, pour emprunter une identité creuse et sans vie. Parfois, au détour d’une fatigue passagère, tu ressentirais de nouveau ce malaise aigu qui te vrillerait l’âme, comme un gouffre toujours plus profond, mais tu le tairais en asséchant ton cœur un peu plus à chaque fois, de peur de remettre ton image de toi-même entre les mains de Dieu. Ce crime contre soi est le plus abominable des crimes contre soi. C’est aussi souvent un crime contre les autres, car cette voie est celle du jugement selon les critères des idoles qui fondent le refus de ressentir. Le cœur est fait pour vivre, pour palpiter, pour aimer les autres et Dieu en eux ; non pour tarir ou être enfoui sous les idoles.

Ne deviens pas un cœur mort. Tu pourrais te convaincre, avoir des arguments pour défendre ton « choix », des arguments pour faire le mal, des arguments pour haïr, pour te venger . Mais ces arguments resteraient à l’état de poussière, tout comme tes plaisirs auraient un goût éphémère et relatif.

Goûte l’Absolu. Chemine vers toi et vers Dieu, le Très Miséricordieux. Ecoute tes malaises pour les clarifier dans l’humilité, en voyageant en toi, calmement, avec mansuétude. Ces malaises sont autant de signes dont Dieu pave ton chemin pour que tu te diriges vers Lui.