Ami, méfies-toi de l’engrenage, de ne point faire la bonne chose au bon moment, de ne point faire face aux problèmes présents, de ne point laisser les choses du présent vivre dans le passé et de ne point semer ton futur de tourments. L’homme est un avec son milieu, il est poreux, il est inclus avec ce milieu dans lequel il vit, il y est fondu si bien que les limites entre la créature et son milieu sont souvent très relatives. La création et le commandement n’appartiennent qu’à lui. Même si sa tête lui montre les limites claires des choses, même si elle a appris à classifier et à séparer dans des cases, ces séparations sont des voiles qu’il faut relever. Ainsi, si tu ne fais pas la chose adaptée à la
situation, si tu ne fais point face au problème qui est dans ton
présent, tu ressentiras comme un malaise. Or l’énergie doit circuler, l’énergie de la Tradition doit circuler, car il est de l’essence de l’énergie que de circuler. Certes, tu peux la maîtriser, tu peux la contenir, des années durant s’il le faut. Parce qu’ils n’ont pas cru la première fois, nous détournerons leurs cœurs et leurs yeux ; nous les laisserons marcher aveuglement dans leur rébellion. C’est l’engrenage, cet engrenage qui ferme la poitrine, le premier réceptacle du cœur, le lieu de ses possibles. Ami, prends garde à l’engrenage car il ferme la
poitrine ; prends garde à l’engrenage car il détourne l’énergie de son
but et la dirige contre les autres ; prends garde à l’engrenage car,
comme Chaytan, il te pilote à ton insu ; prends garde à l’engrenage car
il tâche ton cœur de souillures. |