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Le choix

On te dira souvent que le but de la vie est de trouver la Voie ;
On te dira aussi que le but de la vie est de trouver ta voie ;
On te dira souvent que le bonheur est ce que tous recherchent ;
On te donnera des mots auxquels tu devras attacher des sens, même si ces mots ne te parlent pas.

On te montrera souvent le monde comme un objet porté à ta réflexion,
On te demandera sans cesse ce que tu penses des choses que tu ne connais pas,
Et tu donneras un avis qui n’est pas le tien tout en ne réalisant pas forcément que cet avis ne t’appartient pas.

On te parlera,
On prétendra nourrir ta réflexion,
On te stimulera,
On te poussera,
On te gavera,
On te jugera.

Puis un jour, tu seras face à un choix.

Ce choix apparaîtra comme cela, comme si le hasard tout à coup te faisait voir les choses autrement,
Comme si les problèmes que tu avais toujours connus se posaient soudainement d’une autre manière.

Tu seras face à deux routes, ou plutôt à la route sur laquelle marchent tes compagnons et la plupart de ceux que tu connais, et un vague chemin s’enfonçant dans une jungle épaisse.

La machette à la ceinture,
Tu regardes ces deux routes,
Tu sais quelle est ta route,
Tu te fais bousculer sur la route principale par les gens qui marchent vite et qui n’ont pas le temps de te voir hésiter.

— Viens avec nous, qu’attends-tu ? Presse-toi, te disent-ils.

Tu as beau leur montrer que ton chemin plonge dans la forêt, ils font comme si ils ne le voyaient pas.
Peut-être d’ailleurs ne le voient-ils pas ?
Peut-être es-tu le seul à voir ton chemin ?
Peut-être toi-même ne fais-tu que le deviner, que le pressentir ?
Peut-être ne peux-tu pas prendre de conseils des autres ?
Peut-être pas dans ce cas.

Beaucoup reprendront la route balisée,
Beaucoup pousseront à leur tour les hésitants dans la route commune,
En se souvenant au mieux, avec un pincement au cœur, le choix qu’ils ont fait,
Jadis.

Ceux-là ne regardent plus les bas-côtés désormais,
Ils ont peur de voir ces chemins qui s’enfuient dans la forêt,
Ces chemins que eux voient et que les autres ne voient pas,
Ils ne veulent pas qu’on les prenne pour des fous.

Tu es assis à mes côtés,
Sur le banc de la vie,
Tu gouttes les secondes,
Tu regardes passer le flot du monde,
Tu contemples les hésitants,
Tu admires ceux qui parfois disparaissent seuls dans les hautes herbes,
Tu vois les autres se presser ensemble.

Leurs têtes sont comme leurs mouvements,
Les mots sont comme la route,
Leurs expériences sont identiques,
Leurs sens effrayés par les bords de la route.

Certains marchent au milieu, qui cherchent la certitude,
Leurs yeux vides évitent de voir autre chose
Que des visages familiers derrière lesquels on devine
Le flou attirant et sauvage des possibles.

Certains autres,
Semblent flâner,
Jouer avec les sentiers qui partent,
Les défier, marcher deux pas dessus puis revenir,
Longer la route par la bande quand cela est possible,
Ils se croient plus forts,
Les entends-tu ironiser ?

Quand tu te lèveras d’ici,
Tu seras devant ton choix.

Ce choix, sache qu’il ne t’appartient pas, qu’il appartient à Allah, qu’Allah peut te l’accorder quand Il le souhaite et te l’enlever quand Il le désire.

Une conséquence de la vie en jungle est que tu ne pourras plus t’intéresser comme avant
A ces torrents pressés,
A ces idées pressées,
A ces âmes étriquées,
A cette oppression.

D’autres choix, multiples, naîtront de ce choix,
Des conséquences,
Les conséquences qui font peur.

Car le choix tente mais ce sont les conséquences qui font peur,
C’est pourquoi chacun fait des choix différents,
Des choix dictés par la peur.

Prie Allah que tu fasses le bon choix.
Prie-Le et remercie-Le chaque jour de ce que tu fais, de ce qu’il te permet de faire et d’être.

Et sache qu’un fois fait, le choix est sans retour.