Je suis un Oriental, je l’ai toujours été. Entré par la Porte Divine dans le monde des lumières et de l’isolement, je vois les trames éternelles qui forgent les idées et qui se parent des formes locales des différentes traditions. Devant cet émerveillement renouvelé irisé des lumières d’Allah, je vois ma propre corruption ainsi que l’étendue du chemin qui me reste à parcourir. Allah, fasse que je puisse suivre ta Voie ! Le monde évolue à son rythme dans des formes qui me laissent souvent froid, au mieux doucement songeur : les créatures crient et pleurent, se gorgent d’idées, haïssent en voulant « aimer ». O Dieu ! Combien d’entre elles savent vraiment ce qu’est l’amour ? Combien d’entre elles savent combien est étroit le chemin de la pureté et combien le moindre faux pas peut ramener trop rapidement dans un état de délabrement intérieur ? Et que valent les sens corrompus dont ils chargent l’Amour ? Une ère se termine et une autre commence laissant une partie du monde à la traîne tandis que des éclaireurs attendent le troisième message. Non, le monde n’est pas nouveau, et non nos problèmes ne sont pas nouveaux. Que rient les lendemains dans la lumière de l’Amour pour Lui. Occident, tu es depuis longtemps tombé dans le marasme : tu le sais sans que ton orgueil ne puisse le reconnaître. Occident, tu as perdu ta Voie dans les luttes fratricides, dans un confort du corps et des idées. Même tes traditions ésotériques sont dans l’oubli... Orient, tu es le pays de l’homme sage, celui qui a travaillé une sagesse. Bien sûr, tous les hommes qui se proclament sages ne le sont pas, tout comme en Occident, mais ils n’ont pas la manie d’écrire. Cette drôle de coutume creuse un sillon noir dans les âmes collectives en faisant vivre aujourd’hui les combats noirs du passé, souvent les combats d’un homme frustré qui s’est proclamé philosophe sans que personne ne le contredise. Occident, l’homme sage est chez toi une menace... O Occident, l’homme de la rue, quoique dérouté par le monde dont on lui dit chaque jour qu’il va s’écrouler sous les coups de l’Orient, est encore plus sage que ceux qui le représentent. Tes « êtres raisonnables » sont des vendus, des gens obtus cultivant une haine de l’autre, sur la seule fois de leurs orgueilleuses affirmations et de leur gloire personnelle. Occident, qu’as-tu fait de ta tolérance ? As-tu déjà vraiment été tolérant ou l’as-tu rêvé ? Crois-tu donc que la tolérance s’achète aussi facilement qu’un bien matériel ? Crois-tu donc que la pratique de la tolérance ne demande aucun effort ? Occident, tu rayonnes d’une lumière noire, tu juges, tu confonds tout avec tes propres peurs, tu nivelles par le bas, tu négliges et méprises les différences des autres. Tu as rempli ton monde imaginaire des démons de tes névroses. Orient qui a besoin d’aide, tu n’as pas besoin de ce genre d’aide, pas d’un modèle négatif dans lequel les gens se sont faits à l’idée du malheur à force de conditionnements et de lois. Orient, quand vivras-tu cette revivification ? Orient, quand allumeras-tu de nouveau le phare de lumière témoin de l’éclosion de la science de Dieu, de la lumière d’Allah, d’une vie dans la tolérance et la paix ? Occident, quelle terreur piteuse que celle de tes ouailles apeurées, toujours coincées dans des combats matérialistes et dans la sauvegarde de leur confort ! Certes, que de belles réussites technologiques qui ne profitent pas à la planète entière, mais que de pauvreté d’âme ! Occident, même quand tu donnes, tu joues le jeu du simulacre de charité : tu ne donnes pas parce que tu aimes les autres, tu donnes parce que tu veux te libérer de ta culpabilité. Tu donnes en méprisant. Occident, ton mépris et ton orgueil te voilent la face de Dieu. Occident, je t’aime, car tu sais faire naître des personnes singulières dont le rayonnement irise le monde entier. Orient malade du sang noir de la terre, Occident malade des idées corrompues... Je suis un Oriental vivant pour que le pont entre Orient et Occident s’entretienne, malgré les secousses. Je suis un Occidental qui aime l’Occident comme lieu d’éclosion de tant de civilisation. Occident fameux, brillant, Orient fameux brillant. Vous êtes des frères de sang, devant Allah ! Que vivent les forces du Bien qui vont dans l’Amour et dans la paix du Tout Miséricordieux ! |