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10. Etre soi

Le chemin vers le soi est un long chemin parsemé d’embuches sur lequel les embuches que je me pose moi-même ne sont rien par rapport aux embuches posées par les autres.

Amis et famille, réunis dans une même lecture erronée de ma vie et de ma personnalité, se gorgent de faux-semblants, de ragots et d’interprétations fausses sur mon compte, images desquelles émergent leurs propres fantasmes. Combien basses sont leurs attaques, comme leur venin est petit et méprisable, comme leurs manigances sont mesquines et prévisibles !

Je n’ai pas d’inconscient, je n’ai qu’une grande lumière qui m’éclaire tout entier sur la voie d’Allah. Les autres ayant choisi une voie différente ou pas de voie du tout, charriés par la vie comme des balots absurdes, ont cette part d’ombre qu’Allah n’éclaire pas. Mais ce n’est pas mon cas. Je suis transparent, je n’ai pas de personnalité propre, du moins pas au sens où ces personnes l’entendent.

Je vois les choses qui vont arriver aux autres, je vois les ficelles grossières de leur psychologie, je peux écrire leur argumentaire, le défendre mais aussi défendre le contraire, je connais leurs idées reçues, leurs principes, leur inconscient, leurs blocages. Si je ne me lie que rarement avec des personnes, c’est que je ne peux supporter ces êtres bâtis sur le même moule, ces êtres qui ne travaillent pas sur eux-mêmes et qui usent de tous les prétextes pour cacher leur noirceur intérieure, leur méchanceté, leur haine et leurs jalousies.

Comment pourrais-je accepter de signer les contrats que ces personnes voudraient me voir signer, comment pourrais-je entrer dans les schémas grossiers de leurs misérables vies, de leur attirance pour leur image, pour les biens matériels, pour la carrière ou pour la reconnaissance sociale ? Cela n’est pas moi et je me moque de tout cela.

Le problème est que, même si sur le chemin de ma vérité, je ne pose de soucis à personne, on vient me chercher pour me briser, on me harcèle pour n’être pas comme les autres, on me condamne en tentant de me faire mal.

Mais, grâce à Allah, j’ai aussi des griffes et je sais depuis longtemps m’en servir. Et qui donc peut prétendre désormais à être assez fort pour venir seulement m’égratigner l’âme ? Je loue Allah de cette incroyable puissance qui réside en moi comme un foyer de lumière jaillissant. Je pense parfois moi aussi à faire du mal aux autres pour me venger, mais je ne le peux pas. Au pire, je parle vrai et c’est cette vérité qui leur fait mal, c’est ce miroir qui les brûle, c’est leur face révélée qui les tourmente. Je connais mes faces, mes avatars, je les connais sans illusion ni mensonge.

Le chemin vers le soi est un long chemin parsemé d’embuches sur lequel les embuches que je me pose moi-même ne sont rien par rapport aux embuches posées par les autres. Je m’éloigne progressivement des autres, suivant ma voie, n’acceptant les règles du mensonge social que dans certaines circonstances précises que je choisis d’accepter pour ma propre subsistance et celle de mes rares proches.

J’ai posé un à un mes fardeaux.
Ils jonchent le chemin raviné.
Je n’ai plus rien.
Je ne possède plus rien, plus aucun bien, plus aucune certitude dans le monde matériel.
Allah, le Très Miséricordieux, est mon guide.
Je suis tout entier dévoué à Son service.

Puisse Allah le Glorieux offrir une chance à ceux qui se vautrent dans le mensonge !

Le chemin de la vérité est un chemin pentu sur lequel les pas roulent souvent sur les gravats du mont. Mais, ami, ne te laisse pas repousser, démoraliser, par la difficulté de la tâche. Aie confiance en Allah et crains-le. Allah est le Gardien de toute vérité. Gloire à Lui !