Je ne puis supporter de ne pas dire la vérité, cela depuis très jeune. J’ai mis très longtemps avant de réaliser qu’Allah avait décidé que cette caractéristique serait mienne. Durant longtemps, je me suis appliqué à trouver d’autres raisons à cet état de faits. Je voulais justifier cela par un énervement latent face au monde, voire une violence. Puis, je compris, il y a peu, que ma différence avait trait à la vérité. Il y a quelques chose d’insupportable quand la vérité est bafouée ou distordue, ou cachée, pour moi. Non que je n’accepte pas le jeu social et ses règles. Mais je n’accepte pas le mensonge en dehors du monde social et de ses règles, dans la sphère affective, qu’elle soit la sphère des amis, de la famille, du conjoint ou de moi-même. Je comprends désormais que si beaucoup de gens peuvent s’accommoder de cette vérité partielle, de ces mensonges, de l’énormité malsaine de certains egos, je ne le peux pas. Mon comportement est donc probablement difficile à comprendre pour les autres à ce que je peux constater. Je dis pourtant aux gens de proche que de bafouer la vérité ou de tenter de me mentir éhontément a toujours des conséquences. Ils prennent cela pour de l’orgueil me croyant assez fourbe, ou à leur image, pour me contenter de ces relations inacceptables. Je casse donc toute relation affective. Je ne peux pas accepter cela, sachant que les gens qui croient vous avoir sous leur botte affective vous demandent des comptes quand vous êtes vous-mêmes et non comme ils aimeraient que vous soyez. Il y a toujours, au moment de la rupture, un petit doute. Ils pensent : "il nous joue son numéro", "il s’invente un style", "il n’osera jamais". Car ils ne peuvent comprendre ce que je leur dis. Ils ne peuvent entendre la vérité. Alors ils projètent sur moi une image que je ne suis pas. Alors, je pars en leur souhaitant "Paix" tandis que eux me détestent. De fait, ils me détestaient déjà avant, m’enviant probablement ou tirant quelque gloriole matérielle de m’avoir pour ami. Ils voulaient d’ailleurs plus un esclave affectif qu’un ami. Ils jugeaient déjà ma personne et mes actes dans mon dos. Mais de quel droit ? Il n’y a qu’un seul juge, et ce juge est Allah. Pourquoi séparer nos chemins ? Parce que je ne souhaite pas courber l’échine devant eux, tout comme je ne souhaite pas que l’on courbe l’échine devant moi. Peut-être un jour serai-je "seul" à force de rompre ces relations inacceptables ? Non, car je ne serai jamais seul dans la quête d’Allah. Cette différence de rapport à la vérité est difficile à accepter, car il faut l’assumer souvent seul, et assumer ces jugements dans le regard des autres. Pour cela, Fatima m’aide beaucoup sur le long chemin que j’entame. Dire la vérité est souvent très difficile et agir en cohérence avec la vérité d’Allah l’est encore plus. Même si je sais que je suis loin, très loin, infiniment loin de la perfection du Très Miséricordieux, je tente de me purifier dans ce chemin spirituel sur lequel Il guide mes premiers pas. Que la Gloire d’Allah et Sa paix soient sur vous ! |