— Cheikh, pourquoi dit-on de nous que nous sommes des croyants ?
— Parce que les autres n’ont pas d’autre mot pour représenter ce que nous sommes. Avoir la foi n’est pas forcément « croire », en tous cas pas à leur sens. — Mais alors, quelle est la différence ? — Les non croyants ne font pas la différence. Pour eux, on croit comme on pense, c’est-à-dire qu’ils croient qu’on décide de croire, ils croient que croire est un choix appartenant au libre arbitre, à une décision de la raison. Mais cela est leur croyance. — Eux aussi croient ? — Oui, ils vénèrent le dieu « raison » qui est en eux. C’est pourquoi ils se trompent si souvent. Un homme de foi sait car il sent Allah, ce qui ne l’empêche pas d’être raisonnable. Mais, il n’y a pas de décision de l’homme de foi de « croire ». La croyance est une idée de non croyant. La croyance est un terme qui a un sens pour l’hypocrite et le mécréant, mais pas pour l’homme de foi. — Mais, cheikh, pourquoi avons-nous la foi ? — Parce qu’Allah nous a fait un présent, le plus précieux des présents. En retour, ce présent fait de nous les serviteurs d’Allah. — Pourquoi les mots sont-ils si ambigus ? — Pour nous protéger. Pour sceller un secret qui n’est pas accessible par les mots. |